15 septembre 2014 ~ 0 Commentaire

Le Vermont, Etat exemplaire

L’Agence pour le commerce et le développement communautaire de l’Etat du Vermont, aux Etats-Unis, vient de publier, sous le titre « Vermont 2020 », un document de stratégie de développement économique à moyen terme que l’on peut consulter à l’adresse suivante :

http://accd.vermont.gov/sites/accd/files/Documents/business/CEDS/VT%202020%20CEDS.pdf

 

Jusqu’ici rien de bouleversant, encore que dans un monde où les stratégies économiques des Etats semblent dictées par les résultats financiers trimestriels des entreprises cotées en bourse, la publication par l’Etat du Vermont d’un programme de développement à cinq ans est une originalité qui mérite attention et respect.

L’objectif assigné à ce programme laisse paraître une préoccupation écologique et du bien-vivre qui est de bon aloi : « Améliorer le bien-être économique et la qualité de vie des habitants du Vermont tout en préservant nos ressources naturelles et les valeurs de notre communauté ». Mais y-a-t-il un seul gouvernement aujourd’hui qui ne se prétende soucieux de la préservation de la planète et du bien-être de ses administrés ?

La vraie nouveauté réside dans l’instrument à l’aune duquel l’Etat de Vermont entend mesurer les progrès accomplis. Vermont 2020 précise que « cette stratégie de développement se fixe un objectif suprême : elle se propose non seulement d’augmenter le nombre des emplois et le PIB, mais aussi d’améliorer de 5% au terme des cinq prochaines années l’Indicateur de Progrès Authentique (Genuine Progress Indicator – GPI[1]), un indicateur qui prend en compte le patrimoine (assets) économique, social et naturel  et les impacts qu’il subit ».

Certes, référence est encore faite au PIB ; on peut questionner la capacité du GPI à refléter une amélioration réelle de la vie des populations et le respect des équilibres écologiques[2] ; et le Vermont, deuxième Etat le moins peuplé des Etats-Unis, ne pèse pas lourd économiquement et politiquement.

Il reste que l’affichage par le Vermont d’un objectif quantifié d’alter-croissance, initiative qui est à ma connaissance sans précédent, se démarque assez nettement du discours dominant des économistes et des gouvernants pour mériter qu’on s’y intéresse et qu’on suive avec attention sa concrétisation. En outre, les initiatives d’un Etat dont la capitale porte le nom de Montpelier (avec un seul ‘l’) ne peut laisser les français indifférents.

 

[1]              Sur le GPI du Vermont, se reporter à : http://vtgpi.org/about.html Le GPI agrège 26 indicateurs regroupés en trois catégories : économie (dont les inégalités de revenu et le coût du chômage), environnement (dont le coût des diverses pollutions et du changement climatique), social (dont la valeur du travail domestique et bénévole)

 

[2]              Pour une discussion des indicateurs alternatifs au PIB voir : Gadrey (J.) et Jany-Catrice (F.) ; Les nouveaux indicateurs de richesse ; La Découverte ; 2012

 

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